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L'appel du Fou

  • kortalexandra
  • 6 juin 2025
  • 3 min de lecture

Cher.e toi,


Aujourd'hui, je viens te partager un extrait de mon présent, en hommage aux transitions. Ce point de bascule entre deux états, deux cycles. Et j'y reviendrai souvent car elles sont au cœur de ce qui me passionne et de ce qui, je crois, définit le vivant.


Je sais que nous sommes nombreux à vivre des changements importants et souvent déstabilisants en ce moment. A l'image de tout ce qui se passe au plan global.

Dans ces mouvements à l'échelle de notre existence, s'entremêlent le quotidien concret et le symbolique, le personnel et l'universel. Bien des dimensions se tissent à la croisée de nos choix, actes et vécus.


Je te partage une courte histoire qui, je l'espère te nourrira par échos et reliance à tes propres pas.


Assieds-toi confortablement, prends de belles respirations avec moi.

Connecte-toi à ton corps et permets aux images de venir résonner en toi...


De ma solitude à la tienne, ensemble




© carte du Fou, "The Light Seer's Tarot" par Chris-Anne


Je me tiens devant le garde-meubles, vide.


L'espace de quelques minutes, le mur du fond se fait écran de cinéma. Un diaporama d'instants-souvenirs me raconte la trajectoire de ces années initiatiques. Je regarde, en paix à présent, les événements qui m'ont pétrie en une autre personne.


La grâce généreuse, déposée si délicatement sur les jours sans attente. Les élans et espoirs joyeux ne connaissant aucune limite. Les blessures, aussi. L'intensité des souffrances et de l'angoisse de la séparation sous toutes ses formes.


Le vide qui a pris place sur cette tranche de vie fait entrer une sensation aigre-douce. A cet instant, il me serait impossible d'affirmer que c'était nécessaire ainsi. Bien des fois j'ai béni le ciel, autant que j'ai enragé contre lui. Stoïque, il est resté fidèle à sa veille, me laissant à mes états d'âme et à toutes mes pratiques. La vie ne s'explique pas.


Elle est.

Elle respire.

En expansions, en contractions... poumons vides, poumons pleins...


Tandis que me bercent ces respirations, le film en noir et blanc révèle la trace d'un soleil qui ne s'est jamais éteint. Un astre nourri lui aussi par un souffle. Celui d'un totem croisé des années en arrière, quelque part sur une route du Kamouraska au Québec. Une sorte d'usine naturelle à veiller les rêves, tandis que la vie fait son œuvre de pétrissage sur les humains en chemin.


Il vient me rappeler le murmure de l'essence qui œuvre incessamment, qu'on l'entende ou pas. Me parle de la valeur de la foi en une guidance ininterrompue, en la magie de ce qui ne se voit ni ne s'explique et pourtant luit sans interruption.


Qui respire.

Se faisant oublier par moments, pour que se vivent les vacillements.

Avant de revenir de plus en plus perceptiblement,

quand le temps est venu,


sous les traits de ce Fou qui, irrémédiablement, nous tirera vers la suite de l'aventure, qu'on soit en croisière confortable depuis trop longtemps, ou que l'on ait à peine eu le temps de refermer les portes du container.


Il n'y a pas de règle compréhensible. Seulement un appel, difficilement résistible. Un frétillement, entre excitation et peur.


Le point zéro où rien n'existe et tout est possible. Où courage, curiosité, soif de plus et un certain degré d'insouciance s'unissent pour nous élancer vers l'inconnu. Oser sortir de la boîte devenue trop enfermante, avec pour baluchon une foi scintillante.


Honneur à tous nos élans de courage, follement simples ou démesurés.

A toutes ces fois où nous écoutons la voix qui nous dit : « ceci est fané en toi, suis-moi, je sais où bourgeonnent déjà tes prochains déploiements ».


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