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Honorer la sensation d'impuissance

  • kortalexandra
  • 2 août 2025
  • 6 min de lecture

Cher.e toi,


L'élan me pousse aujourd'hui à mettre à l'honneur une énergie, de la catégorie des inconfortables : la sensation d'impuissance.


Je ne parle pas ici de situations extrêmes où ta sécurité est menacée, mais plutôt de cet état d'arrêt forcé qui s'impose par le biais de forces extérieures et/ou intérieures. À moins que tu n'aies déjà fait d'elle une de tes bonnes amies, peut-être que toi aussi, tu t'accorderas à dire que quand elle se pointe, le réflexe premier est plutôt d'essayer de la minimiser, l'étouffer derrière toutes sortes de contre-énergies pour trouver une solution et continuer d'avancer. Chercher, par tous les moyens, à garder le contrôle sur une situation et ses résultats...


Prenons d'ailleurs une pause ici. Écoutons nos corps. Rien qu'à lire ces premières lignes, comment te sens-tu ?


Chez moi, ça commence par un flash de lourdeur dans les jambes, les épaules et la mâchoire qui tombent avec un grand soupire. Puis deux élans contradictoires : m'étaler au sol et passer un temps avec découragement et tristesse ; ou contracter tout mon corps, bien debout les poings fermés avec sentiment d'injustice et colère.


Tout ça, c'est de l'ordre du système nerveux et du cerveau. Mais ce n'est pas là que je veux aller aujourd'hui.


Si j'ai à cœur de la mettre en lumière, c'est parce qu'elle m'est récemment apparue comme une omniprésence qu'il est difficile d'approcher vraiment. J'observe la pression de notre rythme global où sont survalorisées performance, efficacité, action, vitesse et autres expressions qui surtout se voient et peuvent se prouver. Je vois la grande systémie qui coince nombre d'individus dans une surcharge de survie. Je ressens le contexte anxiogène et violent. Je suis témoin de transformations individuelles profondes, résurgences de passés traumatiques, héritages sur le bord de l'explosion qui font de nous des bombes à retardement... Que tu sois directement concerné.e ou te sentant épargné.e en ce moment, cette énergie est forcément dans ton champ parce qu'elle est partout.


C'est beaucoup. Souvent trop pour nos microsystèmes.


Tu me diras peut-être : "mais son inverse est là aussi !"

En effet. Je m'émerveille tout autant de la floraison de tant d'initiatives, d'outils, de possibles qui nous soutiennent dans ces grands mouvements intenses. Si tu ne l'as pas lu, tu peux aller te promener dans mon dernier post pour prendre une grande bouffée de connexion nourrissante.


Seulement, ma croyance et ma pratique me montrent que si nous n'honorons pas les ombres autant que la lumière, l'équilibre nécessaire à la circulation n'est pas possible. Une présence lourde prend une place de plus en plus envahissante dans notre espace, personnel et collectif. Dans certains cas, elle est bien visible ; dans d'autres, elle se cache, insidieuse, opérant en arrière-plan. Et l'énergie vitale fuit un peu plus chaque jour.


Alors qu'est-ce que je veux dire par "honorer la sensation d'impuissance" ?


Créer un espace-temps dédié, seul.e ou en présence de témoins de confiance qui savent regarder, paisiblement.

La nommer.

Je me sens impuissante face à la maladie de la personne que j'aime.

Je me sens impuissante face à l'impossibilité de réaliser mon rêve.

Je me sens impuissante face aux horreurs commises chaque jour, dans le monde ou dans l'immeuble d'en face derrière les portes fermées...


Avec respirations, pauses, écoute.


C'est alors qu'elle se révèle et qu'un lien avec elle devient possible.

Je ne suis plus seule à devoir tout porter, trouver une solution, continuer absolument et avec le sourire. Parce qu'il n'y a tout simplement rien à faire et qu'ici c'est ok.

Elle devient un cocon qui accueille tout ce que j'ai à déposer. Le découragement, le deuil, la rage, la peur... tout y passe. Et crois-moi, c'est souvent que je la rencontre (il y a là des empreintes transgénérationnelles, mais ça aussi j'y reviendrai dans un futur post). Jamais je n'aurais imaginé t'en parler comme ça un jour : la voir me fait du bien ; elle me soulage. Je fais régulièrement le constat que ce n'est que lorsque je l'ai enfin vue dans mon propre reflet, que je l'ai sentie dans tous mes corps, que je retrouve une forme de mobilité.


Comme pour tout, il existe un temps juste pour l'honorer. Toi seul.e sais quand et pour combien de temps. Tant que ça te soulage, tu sais que c'est bon. Quand ça t'épuise au point de ne plus faire que t'affaisser, alors c'est ton signal pour la laisser reprendre sa place au bureau de tes couleurs intérieures et de contacter la suivante, celle qui te donnera des indices pour poser ton prochain pas malgré tout.


L'honorer c'est reconnaitre ce qui est, acte à la fois courageux et libérateur. Se déposer dans une pleine vulnérabilité, en totale humilité. Toucher à la sensation de ne rien maîtriser. Car la vie respire à travers nous et nous faisons ce que nous pouvons pour suivre !


L'embrasser, c'est toucher sa puissance. C'est être en vie et que c'est beau ! Car, comme toute couleur émotionnelle, elle est la gardienne d'une immense réserve d'énergie.


Alors, si ça te parle, suis-moi ! Je t'invite à une pratique qui, je l'espère, t'offrira une bouffée d'oxygène, pour maintenant et toutes les fois où tu te surprendras dans les boucles que créent chez toi la sensation d'impuissance.

Assieds-toi confortablement, prends de belles respirations avec moi.

Connecte-toi à ton corps et allons la voir...


De ma solitude à la tienne, ensemble




© Erik Johansson, "Impossible escape"
© Erik Johansson, "Impossible escape"


Pratique pour honorer la sensation d'impuissance (15' minimum)


L'objectif de ce genre de pratique est de développer une relation avec les énergies qui nous traversent (ne nous définissent pas !) et une certaine compétence en cette matière qui ne nous a généralement pas été transmise. Il ne s'agit pas de trouver une solution, ni de faire semblant "d'aller mieux" après, mais plutôt de soutenir la circulation d'énergie qui contribue à avancer. Ceci est une étape.

Je te le redis, ce n'est pas un exercice à faire au sujet d'une situation traumatique (dans ce cas, il est important de te faire accompagner par un.e professionnel.le de confiance). C'est plus une hygiène du quotidien.

Tu peux la faire seul.e ou en présence de témoins de confiance qui savent regarder, paisiblement.

C'est toi qui choisis ton degré d'engagement dans l'exercice, entre tremper un bout d'orteil et plonger pleinement dans tes profondeurs. Tu définis aussi le temps que tu souhaites y consacrer. 15 minutes me semblent être un bon minimum.

Comme toujours, reviens régulièrement à ton souffle, aux sensations dans ton corps physique.


  1. Prépare ton espace : assure-toi de ne pas être dérangé.e, d'avoir de la place pour t'allonger et bouger, ajoute un détail personnel qui matérialise la préciosité de ce moment (bougie, talisman, élément de la nature, musique, encens...) et tout objet qui contribue à ton confort (coussin, plaid...).


  2. Entre en toi : choisis la posture qui te semble la plus naturelle pour entrer en lien avec ton corps et tes ressentis (debout, assis.e, allongé.e), prends quelques respirations profondes puis laisse ton souffle trouver son rythme naturel. Scanne tes différents corps :

    Quelles sont les sensations dans ton corps physique ? Des tensions? Où exactement? Des parties confortables ? Lesquelles ?

    Quel est ton niveau d'énergie global ? Te sens-tu fatigué.e ou en pleine forme ?

    Des émotions sont-elles présentes en toi ?

    Comment est le flux de tes pensées ?


  3. Approche la sensation d'impuissance : laisse entrer en toi le souvenir ou la situation actuelle qui génère cette sensation. Commence à la nommer : "je me sens impuissant.e face à...". D'autres formulations, si elles arrivent, sont bienvenues : "je ne sais pas comment faire face à... / je me sens bloqué.e dans..." Imagine que tu te confies à une personne de confiance qui ne cherche ni à te changer les idées, ni à trouver des solutions pour toi, mais qui plutôt te reçois sans commenter et valide tout ce que tu exprimes.


  4. Laisse parler ton corps physique : change de posture, permet à des mouvements de venir sans réfléchir, des sons de sortir. Pense à régulièrement remettre de la respiration et à rester dans ton corps physique, loin des histoires et interprétations. C'est l'étape où l'énergie peut circuler en toi. Jusqu'à ce que tu sentes que c'est assez pour tout de suite, que tu peux revenir progressivement à l'immobilité, dans la même posture qu'au départ ou dans une autre.


  5. Accompagne-toi vers la suite de ta journée : donne-toi quelques respirations plus profondes, où l'expire est plus long que l'inspire. Offre-toi un scan de clôture avec le renouvellement des questions du point 2. Trouve une posture qui te donne du réconfort et de l'amour (te donner un câlin, poser tes mains où ton corps les appelle, t'envelopper dans ton plaid, te tenir debout les poings levés, t'applaudir...). Peut-être qu'émergent des remerciements, une prière ou une invocation de la gratitude. Puis reprends contact avec l'espace dans lequel tu te trouves, redonne-lui son ordre habituel. Rappelle-toi la date et l'heure. Et retourne à ta journée.


Tu peux poursuivre ta pratique avec mon mix dédié. Écrire ou déposer des couleurs sur un papier.

Tu peux avoir besoin d'être accompagné.e dans cette démarche. Il y a sur ma page accompagnement des espaces qui pourront te soutenir.

Observe avec curiosité où l'énergie te mène par la suite...




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